STYX : Le Styx est un fleuve des Enfers. Dans la Théogonie hésiodique, Styx est le plus âgé des enfants d'Océan et de Téthys. Mais la généalogie mise par Hygin en tête de ses fables le donne comme l'un des enfants de la Nuit et de l'Erèbe (les Ténèbres). Elle figure parmi les compagnes de jeux de Perséphone, dans l'Hymne homérique à Déméter,

 

 

 

 

 

 

mais il existe aussi une tradition, rapportée par Apollodore, selon laquelle elle est la mère de Perséphone au lieu de Déméter. Le plus souvent, Styx est mariée à Pallas, avec lequel elle engendre Zélos, Nikè, Cratos et Bia, c'est-à-dire Zèle, Victoire, Pouvoir et Force. Lors de la lutte de Zeus contre les Géants, elle porta secours au roi des dieux, avec ses enfants, et contribua à lui assurer la victoire. C'est en récompense que Zeus lui donna d'être la garante des serments solennels prononcés par les dieux. Selon une autre version, rapportée dans un fragment d'Epiménide, Styx s'unit à un certain Piras et lui donna comme fille Echidna (v. ce nom). Enfin, l'un des enfants attribués à Styx est Ascalabos, ou Ascalaphos (v. ce nom). On donnait le nom de Styx à une source qui se trouvait en Arcadie, non loin du village de Nonacris (près de la ville de Phénée). Cette source sortait d'un rocher élevé, puis se perdait sous terre. On attribuait à ses eaux des propriétés pernicieuses elle était un poison pour les hommes et le bétail ; elle brisait le fer et les métaux, ainsi que la poterie que l'on y plongeait. Toutefois, un sabot de cheval résistait à cette eau et n'était pas attaqué par elle. Pausanias, qui nous a conservé cette énumération des propriétés de l'eau du Styx, fait allusion à une légende selon laquelle Alexandre le Grand aurait été empoisonné par l'eau de cette source. L'eau du fleuve infernal (et non plus l'eau de la source qui était considérée comme s'y déversant) passait également pour avoir des propriétés magiques. C'est dans ce fleuve que Thétis aurait trempé Achille, pour le rendre invulnérable (v. Achille). Mais surtout, l'eau du Styx servait aux dieux à prononcer un serment solennel. Lorsqu'un dieu voulait se lier par serment, Zeus envoyait Iris puiser une aiguière de l'eau du Styx, et la rapportait dans l'Olympe, pour qu'elle fût " témoin " du serment. Si le dieu se parjurait ensuite, un châtiment terrible l'attendait. Il restait privé de souffle pendant une année entière et n'approchait de ses lèvres ni ambroisie ni nectar. Au bout de cette année, une autre épreuve lui était imposée. Pendant neuf ans, il était tenu à l'écart des dieux toujours vivants, et ne prenait part ni à leurs conseils, ni à leurs festins. Il ne rentrait dans ses prérogatives qu'avec la dixième année. Cette description des effets du parjure, contenue dans un passage interpolé de la Théogonie, donne en outre des détails sur la nature de cette eau fatale. Elle consiste, nous dit-on, en un bras de l'Océan, exactement la dixième partie du fleuve initial, les neuf autres formant les neuf spires dont le fleuve entoure le disque de la terre. Ce chiffre de neuf spires se retrouve dans la description virgilienne du Styx infernal, qui entoure de ses méandres le royaume des Enfers (v. aussi Achéron).
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